- Un accord intergouvernemental établit une stratégie franco-émiratie commune pour le Rafale F5.
- Les modalités financières, industrielles et technologiques ne sont pas encore arrêtées.
- Le standard F5 doit préparer le Rafale au combat connecté, aux nouvelles armes et à la coopération avec un drone furtif.
Une stratégie commune, pas encore un contrat détaillé
La France et les Émirats arabes unis remettent sur les rails leur coopération autour du futur Rafale F5. À l’issue de son déplacement dans le Golfe, Emmanuel Macron a annoncé la signature d’un accord intergouvernemental et d’un ensemble d’accords destinés à établir « une stratégie commune » sur cette nouvelle génération du chasseur français.
Cette formulation marque une avancée politique, mais elle ne signifie pas que toutes les conditions du programme sont déjà fixées. Reuters, qui a révélé le 23 octobre la relance du dossier, indique que les discussions doivent maintenant préciser les coûts, l’organisation industrielle et les aspects techniques.
Selon l’agence, les négociations avaient buté plus tôt dans l’année. Leur reprise offre à la France un partenaire potentiel pour financer et développer des capacités appelées à prolonger la pertinence opérationnelle du Rafale jusque dans les années 2040.
Ce que doit apporter le standard F5
Le F5 n’est pas un nouvel avion entièrement différent. Il s’agit d’une évolution profonde de la plateforme Rafale, pensée pour les menaces de la prochaine décennie. Le ministère français des Armées situe son arrivée autour de 2030 et évoque notamment des capacités renforcées de combat collaboratif.
La connectivité sera centrale : l’avion devra échanger davantage de données avec d’autres aéronefs, des capteurs et des systèmes d’armes. Le programme doit aussi intégrer de nouveaux armements et fonctionner avec un drone de combat furtif. Dassault Aviation a lancé en 2024 le développement de ce système sans pilote, annoncé pour accompagner le Rafale F5 après 2030.
Ce drone doit bénéficier des acquis du démonstrateur européen nEUROn. Il ne s’agit pas d’un appareil autonome décidant seul de l’emploi de la force : Dassault précise qu’un humain restera dans la boucle. L’objectif consiste plutôt à étendre la détection, la survivabilité et les possibilités tactiques d’un ensemble formé par l’avion piloté et ses partenaires connectés.
Financement et souveraineté au cœur des discussions
Les chiffres avancés à ce stade doivent être lus avec prudence. Reuters rapporte que le projet avait été évalué au printemps à environ cinq milliards d’euros et que la contribution émiratie pourrait en couvrir près des deux tiers. Ces montants ne figurent pas dans le communiqué de l’Élysée et ne constituent donc pas encore un engagement contractuel public.
La France a prévu trois milliards d’euros dans son projet de budget 2027, selon Reuters. Un apport étranger allégerait l’effort national, mais ouvrirait inévitablement la discussion sur les retombées industrielles, la production locale et l’accès à certaines technologies sensibles.
Les Émirats constituent déjà le premier client export du Rafale en volume, avec 80 appareils F4 commandés en 2021. Le premier exemplaire a été présenté en janvier 2025, avant des livraisons prévues à partir de 2027.
La relance annoncée ne transforme donc pas immédiatement Abou Dhabi en partenaire industriel du F5. Elle crée un cadre politique pour négocier. La portée réelle de l’accord dépendra désormais des responsabilités confiées aux entreprises, du financement effectivement signé et des limites posées au partage des technologies.



