- Spirit Defense devient partenaire de conception et de fabrication du fuselage du FQ-42.
- Le drone semi-autonome est destiné à coopérer avec des avions de combat habités.
- L’US Air Force vise au moins 500 appareils CCA d’ici 2032, répartis entre FQ-42 et FQ-44.
General Atomics Aeronautical Systems (GA-ASI) a choisi Spirit Defense, une société de Boeing, pour participer à la production du FQ-42 Vengeance. Annoncé le 23 octobre, l’accord confie à ce partenaire la conception et la fabrication du fuselage du futur drone de combat collaboratif de l’US Air Force.
Le programme quitte ainsi progressivement la logique du démonstrateur pour entrer dans celle de la série. En juin 2026, l’US Air Force a attribué des contrats de développement industriel et de production à General Atomics pour le FQ-42 et à Anduril pour le FQ-44 Fury.
Spirit Defense prend en charge le fuselage
Spirit Defense interviendra comme partenaire « design-build » : ses équipes participeront à la définition industrielle du fuselage puis à sa fabrication. General Atomics conserve la responsabilité du système complet, de son architecture et de l’intégration des logiciels de mission.
Cette répartition constitue une évolution notable pour GA-ASI. Depuis 1992, l’entreprise fabriquait seule ses principales familles de drones, du MQ-9 Reaper au MQ-9B SkyGuardian. Elle explique désormais avoir besoin de capacités supplémentaires pour accompagner la montée en cadence du FQ-42.
Le choix de Spirit n’est pas neutre. L’industriel dispose d’une longue expérience des structures aéronautiques, métalliques comme composites, et fournit déjà plusieurs programmes militaires. Son intégration à Boeing ajoute aussi au projet la profondeur industrielle d’un grand groupe aéronautique.
Un drone conçu pour travailler avec les chasseurs
Le FQ-42 appartient à la catégorie des Collaborative Combat Aircraft, ou CCA. Ces appareils sans pilote doivent évoluer avec des avions de combat habités et recevoir des missions adaptées à la situation : détection, guerre électronique, escorte ou emploi de capteurs et d’armements.
Le terme « collaboratif » ne signifie pas que le drone décide seul de la mission. L’objectif est d’automatiser une partie du pilotage, de la navigation et de la gestion tactique tout en maintenant un contrôle humain sur l’emploi de la force.
General Atomics présente le FQ-42 comme une plateforme modulaire, capable d’accueillir différents systèmes de mission et logiciels d’autonomie. Le prototype YFQ-42A a effectué son premier vol en août 2025. La disparition du préfixe « Y » marque désormais le passage de l’appareil expérimental vers une version destinée à la production.
Produire plusieurs centaines d’appareils
L’US Air Force a lancé en juin une première production portant sur un total annoncé de 150 FQ-42 et FQ-44. Elle vise plus largement une flotte d’au moins 500 CCA d’ici 2032, répartie entre les deux modèles, selon les objectifs rappelés par le média spécialisé The War Zone.
À cette échelle, le défi ne concerne plus seulement les performances en vol. Il faut sécuriser les fournisseurs, industrialiser les procédés, former les équipes et éviter qu’un composant ou une usine unique ne bloque toute la chaîne.
GA-ASI présente précisément l’accord avec Spirit Defense comme un moyen d’augmenter les capacités et de réduire les points de défaillance uniques. Aucun calendrier détaillé, rythme mensuel ou montant financier n’a toutefois été communiqué.
Le partenariat ne garantit donc pas à lui seul l’objectif de 500 appareils. Il montre en revanche que l’US Air Force et ses industriels structurent déjà l’outil de production nécessaire à une nouvelle génération de drones appelée à voler aux côtés des chasseurs habités.



